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Fiche à imprimer
Saint Martin expliqué aux enfants : le soldat qui partagea son manteau, et la fiche à imprimer

Chaque 11 novembre, l’Église fête saint Martin, le jeune soldat qui coupa son manteau en deux pour un pauvre transi de froid, devenu ensuite moine, puis évêque de Tours. Cette page résume sa vie, revient sur le récit du manteau tel que l’a écrit son premier biographe, démêle l’histoire de la légende, et propose une fiche à imprimer, offerte, pour en parler avec les enfants, au catéchisme ou en classe.
Saint Martin en dix lignes
Martin naît il y a environ dix-sept siècles à Savaria, en Pannonie, dans l’actuelle Hongrie, et grandit à Pavie, en Italie. Ses parents ne sont pas chrétiens ; son père est officier dans l’armée romaine. À dix ans, l’enfant demande pourtant à se préparer au baptême. À quinze ans, une loi oblige les fils d’anciens soldats à servir : Martin entre de force dans la garde à cheval de l’empereur.
Un hiver très rude, à la porte de la ville d’Amiens, il partage son manteau avec un pauvre. Peu après, il est baptisé. Vers 356, à Worms, il quitte l’armée. Il rejoint Hilaire, évêque de Poitiers, et fonde à Ligugé, près de Poitiers, le plus ancien monastère connu de Gaule.
En 371, le peuple de Tours le veut pour évêque. Il fonde près de la ville le monastère de Marmoutier, parcourt les campagnes pour annoncer l’Évangile et bâtit des églises dans les bourgs. Il meurt à Candes en 397, très âgé. Son tombeau, à Tours, devient le plus grand pèlerinage de la Gaule.
Les dates à retenir
| Quand | Ce qui se passe |
|---|---|
| vers 316 (certains historiens disent vers 336) | Naissance de Martin à Savaria, en Pannonie |
| à 15 ans | Il est obligé d’entrer dans la garde à cheval de l’empereur |
| un hiver, sans année connue | Le manteau partagé à la porte d’Amiens ; peu après, le baptême |
| vers 356 | À Worms, il quitte l’armée |
| vers 361 | Il fonde le monastère de Ligugé, près de Poitiers |
| 371 | Il devient évêque de Tours, puis fonde Marmoutier |
| 397 | Il meurt à Candes ; il est enterré à Tours le 11 novembre |
Pourquoi deux années de naissance ? L’évêque Grégoire de Tours, deux siècles plus tard, le fait naître vers 316. Mais la Vie écrite par son contemporain Sulpice Sévère, prise à la lettre, le rend plus jeune d’une vingtaine d’années, alors que le même Sulpice le dit septuagénaire vers 385. Les historiens restent partagés. On peut dire sans erreur qu’il a vécu il y a environ dix-sept siècles.
Le manteau d’Amiens : ce que dit vraiment le récit
Nous le savons par Sulpice Sévère, qui a rencontré Martin et l’a interrogé. Il écrit sa vie vers 396, du vivant même de l’évêque. L’hiver est si dur que beaucoup meurent de froid. À la porte d’Amiens, un pauvre nu supplie les passants, qui ne s’arrêtent pas. Martin n’a plus rien que ses armes et son manteau de soldat : il a déjà tout donné. Il prend son épée, coupe le manteau par le milieu, en donne une moitié au pauvre et se couvre de l’autre. Certains témoins se moquent de son allure ; d’autres ont honte de n’avoir rien fait.
La nuit suivante, Martin voit en songe Jésus vêtu de ce morceau de manteau, et l’entend dire aux anges : « Martin, qui n’est encore que catéchumène, m’a couvert de ce vêtement. » Un catéchumène se prépare au baptême : Martin n’était donc pas encore baptisé. Sulpice y voit l’accomplissement de la parole de l’Évangile : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 40).
Plus tard, quand il quitte l’armée, Martin dit à Julien César : « Je suis soldat du Christ : il ne m’est pas permis de combattre. » Et mourant, couché sur la cendre, il prie encore : « Seigneur, si je suis encore nécessaire à ton peuple, je ne refuse pas la peine : que ta volonté soit faite. »
Pourquoi le fête-t-on le 11 novembre ?
L’Église fête d’ordinaire un saint le jour de sa mort. Martin meurt à Candes, très probablement dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 novembre 397. Selon Grégoire de Tours, les gens de Tours ramènent son corps en bateau, par la Vienne puis la Loire, et l’enterrent dans leur ville. Dès le Ve siècle, l’Église de Tours fête ce jour de la mise au tombeau, le 11 novembre, et la date est passée dans le calendrier de toute l’Église latine.
Le 11 novembre 1918, jour de la Saint-Martin, l’armistice mit fin aux combats de la Grande Guerre. C’est une coïncidence : la date vient des délais de la négociation, pas d’un choix en l’honneur du saint.
Le vrai et la légende
| Ce qu’on entend souvent | Ce que disent les sources |
|---|---|
| Martin coupe son manteau en deux avec son épée | Vrai. Sulpice Sévère le raconte, à la porte d’Amiens, un hiver très froid. |
| Il n’en donne que la moitié, parce que l’autre appartenait à l’armée | Sans source. Aucun texte ancien ne le dit. Sulpice dit seulement qu’il n’avait plus que ce manteau, car il avait déjà tout donné, et qu’il se couvrit de l’autre moitié. |
| Martin à cheval, dans un manteau rouge | Une habitude des peintres. Sulpice ne parle ni de cheval ni de couleur ; le cavalier s’impose dans les images à partir du XIIe siècle. |
| Des oies l’ont trahi quand il se cachait pour ne pas devenir évêque | Légende tardive. Sulpice raconte qu’on l’attira hors de son monastère par une ruse. L’oie de la Saint-Martin s’explique sans doute par les repas de fête de cette saison. |
| L’été de la Saint-Martin | Un dicton. Ce redoux de novembre est une croyance populaire, et aucun texte ancien ne le rattache à Martin. |
| Le mot « chapelle » vient de son manteau | Vrai pour le mot. Les rois francs gardaient au palais la cappa de saint Martin ; l’oratoire où elle était conservée fut appelé capella, d’où « chapelle » et « chapelain ». Rien ne prouve que ce soit la moitié gardée à Amiens. |
| Saint Martin, patron de la France | Pas officiellement. La patronne principale de la France est Notre-Dame de l’Assomption (Pie XI, 1922) ; les patronnes secondaires sont sainte Jeanne d’Arc (1922) et sainte Thérèse de Lisieux (1944). Martin fut le saint protecteur des rois francs. |
Saint Martin et nos héros
En 507, en marchant contre les Wisigoths, Clovis ordonne à son armée de ne rien prendre sur le territoire de Tours, par respect pour saint Martin, sauf de l’herbe et de l’eau, et il envoie des présents à sa basilique. « Où sera l’espoir de la victoire, si nous offensons saint Martin ? », dit-il selon Grégoire de Tours. Après sa victoire de Vouillé, il revient à Tours couvrir de dons la basilique du saint.
Sainte Clotilde, devenue veuve, s’installe à Tours, au service de la basilique de saint Martin. Elle y passe le reste de sa vie et y meurt ; ses fils la font enterrer à Paris, auprès de Clovis.
Les mots à connaître
- Un catéchumène : celui qui se prépare au baptême. Martin l’était quand il partagea son manteau.
- Un soldat de l’empereur : Martin servait dans la garde à cheval de l’empereur romain, non dans une légion.
- Un monastère : une maison où des moines vivent ensemble pour prier et travailler. Martin en fonde plusieurs, dont Ligugé puis Marmoutier.
- Un évêque : il conduit l’Église d’une ville et des campagnes alentour. Martin est le troisième évêque de Tours.
- Un pèlerinage : un voyage pour prier près d’un lieu saint. Le tombeau de saint Martin, à Tours, en était un grand.
Quatre questions pour vérifier
- À la porte de quelle ville Martin partage-t-il son manteau ?
- Qui voit-il en songe, vêtu du morceau de manteau ?
- De quelle ville devient-il l’évêque ?
- Quel jour fête-t-on saint Martin ?
Réponses : 1. Amiens. 2. Jésus. 3. Tours. 4. Le 11 novembre.
Ce que contient la fiche à imprimer
Deux pages A4 en couleur. Sur la première, six phrases courtes racontent Martin, et une frise le suit de ses années de soldat jusqu’à sa mort à Candes. Sur la seconde, l’enfant découvre quatre mots (soldat, catéchumène, monastère, évêque), démêle le vrai du faux, répond à quatre questions et dessine le manteau partagé ; les réponses l’attendent, à l’envers, au bas de la feuille.
En famille, lisez ensemble le récit du manteau, puis cherchez avec l’enfant à qui il pourrait, lui, donner la moitié de ce qu’il a. Au catéchisme, la parole du songe ouvre sur Matthieu 25 : servir le pauvre, c’est servir Jésus.
Pour aller plus loin
- Toutes nos fiches sur les fêtes, de la Toussaint à Pâques : les fêtes chrétiennes expliquées aux enfants.
- Pour voir saint Martin aux côtés de Clovis, le premier roi chrétien des Francs : la fiche de Clovis et l’album Je Découvre Clovis Ier.
- Pour la reine qui finit sa vie près de son tombeau : l’album Je Découvre Sainte Clotilde, et l’article que la Gazette lui consacre.
- Pour retrouver les saints au fil des mois : le magazine de Louise & Joseph, qui se prépare.
Nos sources
- Sulpice Sévère, Vie de saint Martin, vers 396, chapitres 2 à 10, 13 et 25 ; Dialogues II, 7 ; Lettre 3, sur sa mort. Édition et traduction de Jacques Fontaine, Sources chrétiennes 133-135, Cerf, 1967-1969.
- Grégoire de Tours, Histoires, livre I, 36 et 48 ; livre II, 14, 37 et 43 ; livre IV, 1 ; livre X, 31 (écrites vers 575-594).
- Diplôme du roi Thierry III (679 ou 682) et Walafrid Strabon, De exordiis, chapitre 32 (vers 840), pour la cappa de saint Martin et le mot « chapelain ».
- Pie XI, lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam, 2 mars 1922, et Pie XII, lettre apostolique du 3 mai 1944, pour les patrons de la France.
- Calendrier liturgique romain et propre de la France (AELF), au 11 novembre.
- Albert Lecoy de la Marche, Saint Martin, Tours, 1881, pour l’histoire de son culte.
Fiche rédigée par les Éditions Saint-Louis. Reproduction libre pour un usage familial, en paroisse ou en classe, sans modification.