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Jeanne d’Arc, la jeune fille qui fit sacrer le roi : résumé, dates et fiche à imprimer

Octobre 2026 · par Éditions Saint-Louis

Jeanne d’Arc et son étendard, dessin des Éditions Saint-Louis

Jeanne d’Arc a environ dix-sept ans quand l’armée du roi fait lever le siège d’Orléans, et environ dix-neuf quand elle meurt à Rouen. Entre les deux, elle conduit le dauphin Charles jusqu’à son sacre, à Reims. Vous trouverez ici sa vie résumée, les dates qui comptent, ses propres paroles devant ses juges, la part de la légende, puis une fiche à imprimer, offerte, pour l’enfant.

Jeanne d’Arc en dix lignes

Jeanne voit le jour vers 1412 à Domrémy, au bord de la Meuse, chez des paysans. Elle apprend à coudre et à filer, aide aux champs et garde parfois les bêtes. Vers treize ans, elle dit entendre pour la première fois une voix, dans le jardin de son père. Elle y reconnaîtra saint Michel, puis sainte Catherine et sainte Marguerite, qui lui demandent d’aller « au secours du roi de France ».

La France est alors en pleine guerre de Cent Ans. Le dauphin Charles n’a pas été sacré, et les Anglais assiègent Orléans. Au début de 1429, après deux refus, le capitaine de Vaucouleurs la fait conduire à Chinon. Elle y rencontre le dauphin, qui la fait examiner à Poitiers par des hommes d’Église, puis l’envoie avec l’armée. Le 8 mai, les Anglais lèvent le siège d’Orléans. Le 17 juillet, à Reims, Charles reçoit le sacre ; Jeanne est à ses côtés, son étendard à la main.

Le 23 mai 1430, devant Compiègne, les Bourguignons la capturent, puis la vendent aux Anglais. Un tribunal d’Église la juge à Rouen ; elle est brûlée le 30 mai 1431. Vingt-cinq ans plus tard, un second procès déclare le premier nul. L’Église l’a canonisée en 1920.

Les dates à retenir

Quand Ce qui se passe
vers 1412 Naissance à Domrémy
vers 1425 Elle dit entendre une voix pour la première fois
février 1429 Départ de Vaucouleurs vers Chinon ; elle y rencontre le dauphin Charles à la fin de février ou au début de mars
8 mai 1429 Les Anglais lèvent le siège d’Orléans
17 juillet 1429 Sacre de Charles VII à Reims
23 mai 1430 Elle est prise devant Compiègne
30 mai 1431 Condamnée à Rouen, elle meurt sur le bûcher
7 juillet 1456 Le procès de 1431 est déclaré nul
16 mai 1920 Canonisation par le pape Benoît XV

Elle est fêtée par l’Église le 30 mai, jour de sa mort. La France lui consacre aussi une fête nationale, le deuxième dimanche de mai, depuis une loi de 1920. En 1922, le pape Pie XI l’a déclarée patronne secondaire de la France, après Notre-Dame de l’Assomption ; sainte Thérèse de Lisieux l’est aussi depuis 1944.

Ce qu’elle a dit elle-même

Nous connaissons Jeanne par ses propres mots, ce qui est rare pour une jeune paysanne du XVe siècle. À Rouen, en 1431, elle répond seule pendant des semaines à des juges qui lui sont hostiles, et des greffiers notent ses réponses. Vingt-cinq ans plus tard, plus d’une centaine de témoins, ses amis d’enfance comme ses compagnons d’armes, racontent ce qu’ils ont vu.

À la voix qui l’appelle, elle répond qu’elle n’est qu’« une pauvre fille, qui ne savait chevaucher ni mener guerre ». De son étendard, elle dit l’aimer « quarante fois » plus que son épée, et le porter elle-même « pour éviter de tuer quelqu’un » ; elle ajoute qu’elle n’a jamais tué personne. Quand on lui demande, pour la piéger, si elle se sait en état de grâce, elle répond : « Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre ; et si j’y suis, Dieu m’y veuille tenir. » Et pourquoi son étendard au sacre de Reims ? « Il avait été à la peine, c’était bien raison qu’il fût à l’honneur. »

Le vrai et la légende

Ce qu’on entend souvent Ce que disent les sources
Jeanne était bergère Une image. Elle a déclaré s’occuper de la maison et ne pas garder les bêtes d’habitude ; les témoins de Domrémy disent qu’elle les gardait parfois, à son tour. L’image de la bergère circule dès 1429 dans des récits merveilleux ; à Poitiers, selon un témoin, elle avait elle-même dit que la voix lui vint pendant qu’elle gardait les bêtes.
Elle a reconnu le dauphin au milieu de sa cour, à Chinon Vrai, selon elle. Elle le raconte à son procès : elle le reconnut « entre les autres ». Le roi moins bien vêtu que ses seigneurs, ou désignant un autre homme comme le roi, n’apparaît qu’après sa mort, chez des chroniqueurs comme Jean Chartier.
Elle combattait à l’épée Rien ne le montre. Elle avait des épées et les portait, mais à l’assaut elle tenait l’étendard et disait n’avoir jamais tué personne. Aucun témoin ne l’a contredite.
Elle a été brûlée comme sorcière Pas tout à fait. Le mot « sorcière » n’est pas dans le jugement, mais la sentence du 30 mai 1431 lui reproche des « crimes divers de schisme, d’idolâtrie, d’invocation de démons », puis la déclare « relapse et hérétique », c’est-à-dire retombée dans ce qu’elle avait abjuré : elle avait repris l’habit d’homme et redit que ses voix venaient de Dieu.
Elle portait une armure Vrai. Le roi lui fit faire « un harnois complet », une armure d’acier poli, en avril 1429.
L’épée de Charles Martel, trouvée à Fierbois Légende. Elle parle seulement d’une épée rouillée, marquée de cinq croix, trouvée sous terre à Sainte-Catherine-de-Fierbois, derrière l’autel, croit-elle.

Les mots à connaître

  • Le dauphin : le fils aîné du roi, qui doit régner après lui. Charles l’est depuis 1417 ; son père, Charles VI, meurt en 1422, mais tant que Charles n’est pas sacré, Jeanne l’appelle encore « dauphin ».
  • La guerre de Cent Ans : la longue guerre entre les rois de France et d’Angleterre, de 1337 à 1453.
  • Un siège : une armée encercle une ville pour la forcer à se rendre. Orléans est assiégée depuis octobre 1428.
  • Le sacre : la cérémonie de Reims où le roi reçoit l’onction de l’huile sainte. Pour Jeanne et pour beaucoup de Français, c’est elle qui fait de Charles le vrai roi.
  • L’étendard : le drapeau que l’on porte au combat. Celui de Jeanne était blanc, semé de fleurs de lys, avec les noms « Jhesus Maria ».
  • Relapse : qui retombe dans une erreur après l’avoir abandonnée. C’est le motif de sa condamnation.

Quatre questions pour vérifier

  1. Dans quel village Jeanne est-elle née ?
  2. Quelle ville les Anglais assiègent-ils en 1429 ?
  3. Dans quelle ville Charles VII est-il sacré ?
  4. Que préférait Jeanne : son épée ou son étendard ?

Réponses : 1. Domrémy. 2. Orléans. 3. Reims. 4. Son étendard, qu’elle aimait « quarante fois » plus.

Ce que contient la fiche à imprimer

Deux pages A4 en couleur. La première raconte Jeanne en six phrases et la place sur une frise où l’on voit d’un coup d’œil dix-sept ans de vie au village, puis deux années qui changent tout, d’Orléans à Rouen. La seconde fait découvrir quatre mots (le dauphin, l’étendard, le sacre, les voix), propose de trier le vrai du faux, pose quatre questions et laisse un cadre pour dessiner son étendard ; les réponses sont au pied de la feuille, écrites à l’envers.

En famille, on peut lire ensemble ses réponses à ses juges : ce sont de vraies paroles, et un enfant les comprend. En classe, le jeu « vrai ou légende » montre comment une image, la bergère ou la sorcière, se forme à côté de l’histoire.

Pour les enseignants : dans les programmes de 2026, la guerre de Cent Ans entre au CE2 à la rentrée 2027, dans le thème « La construction du royaume de France », qui demande aussi de situer « quelques grandes figures féminines » ; Jeanne d’Arc n’y est pas nommée.

Pour aller plus loin

Nos sources

  • Procès de condamnation de Jeanne d’Arc (Rouen, 1431), séances des 21, 22, 24 et 27 février, des 15 et 17 mars, des 28 et 30 mai, éditions de Jules Quicherat (1841-1849) et de Pierre Champion (1920-1921).
  • Procès en nullité (1455-1456), dépositions des témoins de Domrémy, de Seguin Seguin et de Simon Charles, édition Quicherat.
  • Journal du siège d’Orléans, chronique de Jean Chartier et lettre de trois gentilshommes angevins du 17 juillet 1429, édition Quicherat, tomes IV et V.
  • Compte du trésorier des guerres Hémon Raguier (1429), pour l’armure et l’étendard.
  • Benoît XV, bulle Divina disponente (1920) ; Pie XI, lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam (1922).
  • Arrêté du 22 avril 2026, Bulletin officiel n° 22 du 28 mai 2026, programmes d’histoire des cycles 2 et 3.

Fiche rédigée par les Éditions Saint-Louis. Reproduction libre pour un usage familial, en paroisse ou en classe, sans modification.

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